Nous sommes partis pour trois jours de 4×4 à l’assaut de paysages plus fous les uns que les autres dans le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez. Chaque voiture part généralement avec six personnes plus le chauffeur. On aurait aimé ne partir que nous quatre mais nos portefeuilles nous ont vite rappelés à l’ordre. C’est comme ça qu’on s’est retrouvés en compagnie d’un couple germano-américain pour le moins bizarre et qui entre autre, a passé un bon moment à caresser un lama en peluche acheté plus tôt. Bref, on n’est pas là pour critiquer nos deux compagnons mais bien pour partager ce moment frais, certes, mais génial qu’on a passé dans cette région magnifique.

Minute culture : le Salar d’Uyuni est le plus grand désert de sel du monde avec ses 12500 km². Épais de quarante centimètres (alternant couches de sel et de glaise), il est d’une planéité parfaite et entouré au loin de montagnes et volcans. Quelques îles, sur lesquelles se dressent fièrement des cactus de dix à douze mètres de haut, sont perdues au milieu de cette étendue. Avant d’arriver là-bas, nous nous arrêtons dans le cimetière des trains. Pas besoin d’explication, avec son nom et un peu de perspicacité, vous comprendrez de quoi il s’agit ! Y sont abandonnés des carcasses rouillées qui servaient à transporter du minerai vers le Chili et le Brésil dans les années 30 et 40. Aujourd’hui, c’est le premier stop de tous les tours et un sacré terrain de jeu pour les grands enfants :P.

Après la récréation, voilà, nous posons les pieds (enfin les pneus) dans la salière géante. Un premier arrêt en guise d’apéro nous permet de prendre un premier contact avec ce paysage hors normes. Derrière, nous allons prendre notre déjeuner dans une maison faite toute en sel, où chaque voiture à sa table et son petit bout de plan de travail pour permettre au chauffeur de nous préparer le repas. On est comme des rois ! Nous avons un peu de temps pour nous promener et prendre quelques photos du paysage et du passage du Dakar (peu importe ce qu’on pense de cette course, cette plateforme avec tous les drapeaux qui flottent est bien jolie).

Dans l’après-midi, vient le moment tant attendu : celui où on va s’amuser comme des débiles pendant un long moment à faire des photos en jouant sur les perspectives. Y’en a des bien mais y’a aussi quelques ratés :P.

Après une bonne partie de rigolade, la cloche sonne et on rentre en classe. Enfin bon, en plus sympa quand même ! Notre prochaine étape est la Isla del Pescado (l’île du poisson, oui on est bilingues) une de ces fameuses îles perdues au milieu du Salar. Ça grimpe un peu mail d’en haut, la vue à 360° est assez hallucinante. On repère quelques piétons se baladant en bas et qui ne semblent pas plus gros que des fourmis.

Enfin, pour finir cette journée en beauté, nous attendons sagement que le soleil aille se coucher, et malgré un vent assez fort, on se régale.

Pour notre première nuit, nous avons droit à notre hôtel de sel privé, avec des chambres doubles en plus, le luxe. Il n’y a évidemment pas de chauffage, mais quand même une bonne douche chaude. Après une bonne nuit (fraîche mais bonne), on se remet en route. Plus de Salar, c’est fini. Mais bon, on a encore de magnifiques paysages à voir.

Changement de décor, on commence la journée par un stop un peu bizarre, où des pierres difformes semblent avoir été jetées sur le sol. Renseignements pris, il s’avère que c’est en fait un ancien lac, et que ces drôles de cailloux sont le résultat de l’érosion. Après, nous faisons la rencontre de flamands roses barbotant dans leurs magnifiques lagunes. Enfin « barbotant » est un peu utopique, « essayant de tenir debout » serait plus juste, au vu du vent qu’il y avait !

Le midi, la salle servant de restaurant étant bondée quand nous sommes arrivés, notre guide nous a proposé d’aller un peu plus loin, ce que nous avons accepté. On mange donc en pleine nature, dans un canyon plus ou moins à l’abri du vent, mais avec une super compagnie : deux lapins à longue queue, appelés Viscucha. Les gourmands voudraient bien piquer nos légumes, et n’hésitent pas une seconde à venir chercher ce qu’on leur tendait.

L’après-midi promet d’être super sympa. On s’arrête d’abord dans le Desierto Siloli, où se trouve notamment le fameux « arbre de pierre ». Un vent de fou furieux nous a un peu incités à être rapides sur ce lieu. Enfin, pour finir cette journée superbe, nous arrivons à la fameuse « Laguna Colorada »… qui n’était pas colorée. Elle est connue pour prendre souvent une couleur rose, provoquée par les organismes qui s’y trouvent. Malheureusement pour nous, ils devaient être en vacances à cette période :P. Cela n’empêche que cette lagune était magnifique avec ses alpagas mangeant ce qu’ils trouvent. D’ailleurs certains d’entre eux ont une morphologie un peu étrange…

Honnêtement, on s’est arrêtés plein d’autres fois mais on ne se souvient pas de tout ! On se souvient par contre avoir passé notre seconde nuit dans un hôtel un peu plus rustique que la veille, mais peu importe, déjà les guides ont offert à tous les groupes une bouteille de vin, en plus, nous on a eu droit à une bouillotte pour la nuit, et surtout il nous restait les ¾ d’une bouteille de Singani qui aide bien à se réchauffer. Et à dormir aussi. Et c’est tant mieux car le lendemain matin on doit se lever aux aurores pour aller voir les Geysers Sol de Mañana. Ils sont plus actifs le matin car la différence de température avec l’air extérieur est plus importante.

Passage ensuite par le Désert Salvador Dali, l’un des plus beaux au monde d’après notre guide. On confirme… le soleil montant fait changer les formes et les couleurs, et malgré le froid soutenu, on apprécie ce moment où on reste plantés là à observer.

Enfin, dernière étape importante de ce tour, la Laguna Verde qui, comme son nom l’indique est no